Eglise de Jujurieux

L'Eglise de Jujurieux prise Sur Plan

(cliché Martine Alliod)

 L'ancienne église semble avoir été de la même époque que la Tour des Echelles. Gaspard Orset y lègue son testament du 3 mai 1611 : 15 livres tournois et sa maison pour y établir un hôpital. Le curé percevait alors, pour son entretien outre le casual, la douzième partie des dîmes et 45 mesures de froment. De plus, il possédait un jardin.

Ancienne église

(eau forte de Louis Guy d'après un dessin d'A.Duclaux)

(D'après Ogier vers 1850)

C'était un édifice rustique d'époques différentes, mais surtout du milieu du XVème siècle. La flèche de son clocher roman, détruite à la Révolution, fut reconstruite vers 1840. En mauvais état, humide et mal distribuée, l'église était devenue, de plus, trop exiguë en raison de l'accroissement de la population. Son extérieur a été dessiné et peint par Antoine-Jean Duclaux.

 L'église de Jujurieux a été conçue par l'architecte lyonnais Claude‑Anthelme Benoit (1794‑1876), entre 1854 (pose de la première pierre, le 4 juin) et 1856 (consécration le 13 avril), à l'initiative du curé et de la municipalité dirigée par le maire Christophe Maupetit, avec l'appui décisif, notamment financier, du manufacturier Claude-Joseph Bonnet et de sa famille et le concours de la population sous la forme d'une souscription et de travaux bénévoles pour la reconstruction du chœur que l'on avait voulu d'abord conserver. Elle fut bâtie sur l'emplacement de l'église précédente.

          

Claude-Anthelme Benoit

 Claude-Anthelme Benoit

(Estampe Archives Municipales de Lyon)

Description

 L’architecture   

Comme l'ancienne, la nouvelle église est orientée. Elle est de style gothique. Elle fut construite en pierre de Chenavel et de Villebois. Elle mesure 37 m de long pour 17.50 m de large, avec une hauteur de 12 m sous le transept et pour la nef principale. La façade s'ouvre par un porche légèrement en saillie par rapport à la nef et décoré d'un tympan sculpté représentant la lapidation de Saint Etienne, patron de la paroisse. Les trois nefs sont voûtées d'arête, ainsi que le transept et le chœur; elles sont séparées par cinq piliers moulurés auxquels sont accolés des colonnes à fûts lisses et chapiteaux sculptés portant les arcs. Les bas-côtés sont éclairés par quatre baies en arc brisé. Le transept est éclairé par deux baies en arc brisé à deux lancettes, le chœur par trois baies identiques ouvertes dans l'abside. Le portail d'entrée de l'ancienne église a été réemployé pour permettre la sortie par le mur sud. Aussi deux visages du début du 15e siècle subsistent sur les culots du porche de la porte latérale

(cliché Martine Alliod)

Lapidation de Saint-Etienne

(cliché Maurice Bugnet)

La nef

(cliché Martine Alliod)

Porte latérale

(cliché Martine Alliod)

Tête, entrée Sud

 La statuaire   

Quatre statues du XIXe siècle en pierre et datant de la reconstruction de l’église ou de quelques années plus tard, oeuvres de trois sculpteurs ayant travaillé à Lyon, constituent un des éléments remarquables de l’église de Jujurieux. Ce sont, d’une part, chacune placée au dessus d’un autel latéral, les statues de :

La Vierge à l'Enfant

 H: 160 cm

L:  40 cm

P: 40 cm

Saint Etienne

 H: 130 cm

 L: 40 cm

 P: 40 cm

Le Sacré-Cœur

 H: 150 cm 

 

Saint Joseph

H: 155 cm

 

Vierge et l'enfant

Saint Etienne

Le sacré Coeur de Jésus

  Saint Joseph

(cliché René Basset)

Ce sont deux œuvres datées et signées

de Cubisole (1811‑1877).

 

Sont surmontées de dais de pierre. Elles se présentent adossées aux piliers Est du chœur. Elles sont l’œuvre respectivement de Fabisch (1812‑1886) et de Guillaume Bonnet (1820‑1873).

Du XXe siècle date la statue de Jeanne d’Arc, dans la nef latérale sud. H. 155 cm. Placée en 1920 «en l’honneur des glorieux soldats de la guerre de 1914/1918», c'est un moulage doré posé sur un socle au dessus de la porte latérale sud, elle est encadrée de deux plaques où sont gravés les noms des morts de la première guerre mondiale; sur le socle, on lit A. Vermare.

Trois autres statues sont en plâtre et de fabrication industrielle. Elles représentent :       

  Le saint curé d'Ars, H: 155cm,       

  St Antoine de Padoue, H: 145cm, toutes les deux dans la nef principale.       

Thérèse de l’enfant Jésus, H: 150cm, dans la nef latérale nord.

  Les vitraux 

Les vitraux sont l’œuvre du verrier Sauris, de Lyon. Ils représentent: dans l'abside, la vie du Christ ; dans les chapelles latérales, la glorification de la Vierge et du Christ, et la gloire de Saint Etienne. Leur disposition en médaillons quadrilobés rappelle le style de la fin du XIIIème siècle et du début du XIVème siècle. Ils furent mis en place en 1855 et 1856.

(cliché V. Revaud)

  Décors peints

Si la statuaire et les vitraux datent pour l’essentiel de l’époque de la reconstruction, c’est-à-dire du Second Empire, les peintures murales forment un vaste ensemble commandé en 1882 aux artistes Marinelli père et fils. Ils se disaient florentins et venaient de participer à la décoration de la cathédrale  de Belley. 

La voûte de la nef est bleue  et étoilée, selon l’usage du XIXe siècle repris du Moyen-Age.

La partie supérieure des murs de la nef principale portent des médaillons quadrilobés, représentant les huit béatitudes  (Evangile de Matthieu, chap. V) sous la forme de figurines. Chacune trône sur un siège et montre un ruban sur lequel est inscrite la béatitude.

Au bas de la nef, de chaque côté, deux inscriptions en médaillons rappellent, d’un côté, les noms des bienfaiteurs, de l’autre côté, celui des  deux peintres, ainsi que l'année de la  décoration.

La voûte du chœur est décorée de neufs anges et archanges (dont Saint Michel, avec son casque et son glaive) sur fond rouge étoilé.

(cliché Martine Alliod)

Dans le transept, les murs contre lesquels s'appuient les autels latéraux portaient des peintures marouflées, enlevées lors de la restauration de 1978. Elles représentent la Vierge dans une mandorle, encadrée par deux anges, et Saint Etienne à genoux sur un nuage, deux anges portant les palmes et les pierres de son martyre. Peintes par Marinelli en 1882, elles sont inscrites inscrites au titre des monuments historiques depuis  1979 et sont abritées dans les archives de la mairie.

(cliché Martine Alliod)

Les murs de l'abside  portent des peintures, dont une partie est marouflée, représentant des personnages bibliques: Abel et Moïse à gauche,  Melchisédech et David à droite,  ainsi que  des scènes relatives à l'Eucharistie et à la Pénitence. Elles sont entourées d'un décor peint en trompe l'œil comportant en médaillons les têtes des apôtres

Le style de l’ensemble de ce décor peint est celui du XVe siècle.

Mobilier

Les autels latéraux sont surmontés de retables de pierre sculptés, mis en place lors de la reconstruction et sur lesquels se détachent les statues de la Vierge et de Saint Etienne décrites plus haut.

La chaire de pierre surmontée d'un abat-voix circulaire à couronnement de feuillage sculpté, et son escalier, ont été enlevés dans les années 1960.

Le maître-autel, partiellement néo‑gothique, a également été démonté dans les mêmes années et remplacé par un bloc de pierre des Pyrénées.

Un grand bénitier à forme circulaire, provenant très probablement de l'ancienne église, a été transporté du fond du bas-côté Sud et placé, pour servir de cuve baptismale, en arrière de l'autel.

(cliché Martine Alliod)

Les bancs en chêne proviennent de la chapelle de l’usine Bonnet, ils ont étés adaptés et installés dans les années 1960.

Les confessionnaux, au nombre de deux, datent de l'époque de la reconstruction.

Les stalles

(cliché Martine Alliod)

     L'abside est entourée de 28 stalles hautes et 7 basses en bois sculpté avec accoudoirs, de différentes époques. Les séparations entre les stalles sont décorées de têtes sculptées toutes différentes. Les miséricordes sont ornées, soit de visages, soit de motifs floraux. Elles ont été réalisées par des artisans locaux : Joseph et Charles Pittion qui ont été également chargés  de la menuiserie et de la charpente du  chœur.

Culs de lampe

Dans l'abside, le pied de chaque nervure est ornée d'un socle sculpté représentant de gauche à droite: des feuillages, un blason IHS (Iesus Hominum Salvator), un animal, un joueur de cornemuse, un blason avec des lapins et enfin le blason en T de l’ancienne famille Cortois.

   Ces culs-de-lampe proviennent  de l'ancienne église.

(cliché Pascal Charpigny)

Tableaux             

Chemin de croix : ce sont des huiles sur toile avec un encadrement de bois doré. L'acquisition date de 1858

Saint-Etienne huile sur toile, 152 x 120 cm avec un cadre de bois doré datant du XVIIIe  siècle, représente le saint, un genou au sol, la main gauche sur la poitrine. Oeuvre inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 2002. Placée à la sacristie, puis reléguée au grenier de la cure, restaurée et remise en place en 2009, à l’initiative de l’Association des amis du patrimoine de Jujurieux.

(cliché Martine Alliod)

Pierre tombale

 

(cliché Martine Alliod)

Une pierre tombale, avec un texte gravé en latin (traduction) en l’honneur de Antoine Co…[Cortois ?] ,décédé le 23 janvier 1585, était dans l’ancienne église. A la suite du don fait par M. et Mme A. Lebert, successeurs d’Henry Durand qui l’avait recueillie sur sa terrasse, et à l’initiative de l’Association des amis du patrimoine de Jujurieux, elle est actuellement déposée au bas de la nef latérale Sud.

Clocher

Carré et soutenu par le porche, il possède quatre fenêtres en arc brisé, se termine par quatre pignons triangulaires entre lesquels sont érigés quatre pinacles, il est couronné par une flèche de 13 m de haut, couverte en ardoises.

Cloches

Elles sont au nombre de trois :           

Une de 1,12 m de diamètre, pour 1 m de hauteur avec trois motifs sur les pans : la vierge et un christ en croix. Inscription sur trois lignes superposées en circulaire au niveau de la gorge : 

    + U  LAN  1767  A  LA  PLUS  GRANDE  GLOIRE  DE  DIEU  A  LAUNERE DE ST ETIENE  IAY EU      

                                         POUR  PARRAIN  Mre JEAN DERVIEU  ¬

                                                                                                          DU VILLARS   ECUYE    SEIGNEURE   DE  LA  BARONNIE

                               DE  VAREY IVIVRIEUX  ET POUR  MARAINE  DAME  MARIANNE  PAULINE ¬

                                                                                                                                                                            POUOLE* SON EPOUSE

 +     marque le début du texte; une main inclinée [¬] indique le passage à la ligne suivante

 *    Marie Anne Poujol

Elle a survécu à la Révolution. Elle est inscrite depuis 2004 à l'inventaire supplémentaire comme objet protégé.

 Une de 89 cm de diamètre, pour 90 cm de hauteur avec des motifs circulaires (feuilles de chêne, glands entrelacés avec des fleurs), une anse décorée de visages, et trois motifs sur les pans (Jeanne d'Arc avec un drapeau, Croix avec un Christ et Sainte Geneviève) avec une estampille «754 » au dessus du motif circulaire. cette cloche a été fondue par les Paccard d’Annecy.

Inscription : Anno domini 1929 Pio 11 Papa regnante F Lay Parocho Jujurieux AD- Majorem Dei gloria Mon Nom est R. Jeanne Geneviève  en Moi revit la cloche donnée en 1842 par le baron Christophe Maupetit Parrain, Raymond ORSEL des Sagets Marraine, Jeanne ORSEL

 Une de 75 cm de diamètre, pour 70 cm de hauteur avec des motifs floraux et des grappes de raisins présentant cette inscription :

 

                                   La Savoyarde

                            -      La Jeanne d'ARC

                            -      Les fils de G. Paccard Annecy le Vieux

-                                        Anno domini 1929 U Pio 11 Pepa regnante Je m'appelle Henriette A. Marie. Je chante, je pleure, je prie

                            -      parrain H. Cottin

                            -      marraine A. Marie Cottin née Vignon

Il y en avait une autre de 31 cm de diamètre sans motif disparue vers 1990. Elle n’était pas en service mais seulement faite pour être actionnée manuellement. Elle était appelée « Cloche de la Saint Vincent ».