HISTOIRE

 

  Le village de Jujurieux existe déjà à l'époque Gallo Romaine (des pièces de monnaies datant de Dioclétien, Aurélien, Gordien ont été retrouvées à proximité du village) et certains noms comme celui du hameau de Vieillard trouvent leurs origines à cette époque [Vieillard: patronyme surtout porté en Bourgogne et en Franche-Comté (71, 25)]. On peut certes penser à un surnom donné à un homme vieux, mais, dans cette région, il semble bien que Vieillard soit plutôt une variante de Villard (du latin villare, dérivé de villa, qui a pris le sens de hameau), et donc un toponyme. A noter par exemple les hameaux deMouthier-le-Vieillard à Poligny (39) et de Vieillard à Jujurieux (01). Cependant il ne fait aucun doute  que son site à mi pente, sur une sorte de replat regardant la plaine de l'Ain et la sortie de la gorge du Riez, laisse à penser qu'il fut précédemment occupé par les gaulois. Il fut habité par les romains et des médailles découvertes en 1819, dans le village, au milieu de tuiles romaines noircies; soit un petit trésor de trente cinq pièces en bronze et une en argent à l'effigie d'empereurs du IIIe siècle, notamment celle de Dioclétien [Paix romaine]; confirment ce fait. Tout comme ce solidus or de Valentinien III, empereur au IVe siècle découverte à Vieillard en 1981. Des peuplades gauloises ont aussi été présente en ces lieux(hache druidique trouvée au "grandchamp").

  Si l'on s'en réfère à des actes anciens le nom Jujuriacus apparaît souvent. En patois local il devient Digeroeu ou Digereu. Dans l'ouvrage  contestable de L'abbé Gringoz  " Nos Villages de Bresse et du Bugey  au temps de Charlemagne" Jujurieux est à l'origine  un Siziria  devenu Gisiria au X° siècle puis prior Jusiriaci 1115, Juzarieu  1650, dépendant du prieuré de Cossieu, voisin de Lhuyre nommé en 920.

L'hypothèse de Jusirik, nom d'homme germanique, accompagné du suffixe gallo‑romain ‑acum, (qui a donné tous les noms en ‑ieu), est avancée par les spécialistes de notre époque, notamment Albert Dauzat, et parait la plus plausible.

Une autre évoque le nom de domaine Gisiriacum, dérivé avec le suffixe -acum d´un anthroponyme germanique comme Gisahar, « le guerrier à l´épieu », du germanique gaiza, « épieu, javelot », et harja, « guerrier ».

On fera davantage référence au dictionnaire topographique du département de l’Ain de E.Philipon et  du dictionnaire Topographique de la France qui proposent:

Gisiriaci, X° siècle (dans Gallia Christiana, T. IV, col. 217)

Jusiriaci, en 1115 env., (Arch. Ain H 218).

Jusireus, 1250 env. (pouillé du dioc. de Lyon, f° 15 r°).

Jusireu, 1325 env. (ibid., f° 8).

Jusiria, 1365 env. (Bibl. nat., lat. 10031, f° 18 v°) ; 1492 de (pouillé du dioc. de Lyon, f° 29 v°).

Jusuriacus, 1436 (arch. de la Côte-d’Or, B 696, f° 251 v°).

Iter publicum tendens de loco Jusuriaci apud Chaux, 1520 (ibid., B 886).

Jujuriacus, mandamenti de Varey, 1529 (arch. de l’Ain, G 31).

Jusurieu, 1587 (pouillé du dioc. de Lyon, f° 14 v°) ; 1650 (Guichenon, Bugey, p. 70).

Juserieu en Bugey, 1660 (titres de fam.).

Juzurieu, 1660 (ibid.).

Jusurieux, 1668 (ibid.).

Jussurieu, 1670 (enquête Bouchu).

Jusurieu in Beugesio, 1695 (titres de la fam. Bonnet).

Jujurieu, 1738 (ibid.).

Jujurieux, sub-délégation de Belley, 1767 (arch. de l’Ain, C 421)

Jusurieu en Bugey, XVIIIe s. (Gall. christ., t. IV, col. 217).

Jujurieux, arrondissement de Belley, an XIII (Ann. De l’Ain)

Jujurieux, arrondissement de Nantua, 1808 (Stat. Bossi).

   La nécropole du Châtelard de Lhuire, mise en évidence en 1872 – 1873  par M le baron Maupetit et la découverte d’une fibule attestent d’une présence Burgonde aux alentours de la fin du VI° et début du VII° siècle [Invasions barbares].

Alramus

Ancien curé de Jujurieux a été élu en 931 évêque de Mâcon (cité par Guigue, Topographie historique de l'Ain, 1873).

  Après la chute del'empire romain , les invasions barbares , le christianisme , la féodalité peu d'événements semblent avoir marqué l'histoire locale . Le passage des Sarrazins : une possible trace sur le plateau au dessus du village appeléPierre Sarrazin .

  En 1141 un Odon est prieur du prieuré de Jujurieux et nommé par l'abbé d'Ambronay à la cure.

  Peu mentionné par Guichenon, Jujurieux fut un doyenné ecclésiastique  dépendant de l'abbaye d'Ambronay. Alrames  ou Alramus, ancien curé de Jujurieux, aurait été élu en 931 évêque de Mâcon (cité par Guigue, Topographie historique de l'Ain, 1873).

   Sur le plan civil, au XlIe siècle, la paroisse de Jujurieux appartenait à la manche de Coligny. Cette seigneurie provenant du morcellement des domaines carolingiens fut elle‑même démembrée au XIIIe siècle, dans notre région, par une série de mariages, au profit des sires de Thoire, des comtes de Genève et des sires de la Tour du Pin. Ces derniers devenant en 1282 dauphins du Viennois.

En 1304 l'archevêque de Lyon, Louis de Villars reconnaît que le prieuré de Jujurieux ne lui doit aucune espèce de procuration et il devient doyenné.

  En 1325, retentirent jusqu'au village les bruits de la bataille d'Arpille que se livrèrent dans la plaine toute proche, au pied du château de Varey, le Dauphin et le comte de Savoie  et qui mit le feu aux maisons des voisins de Saint‑ Jean‑le‑Vieux. Treize ans plus tard, en 1339, le dauphin Humbert II proposant au Pape de lui vendre ses Etats, celui‑ci envoya des enquêteurs pour vérifier la population et les revenus de ces fiefs. La paroisse de Jujurieux se partage alors entre le mandement de Varey et celui du Chatelard de Luyre, ce qui nous empêche de connaître le nombre précis de feux, lesquels doivent se compter aux environs de 200, comme dans la plupart des localités environnantes, soit 800 habitants, chiffre qui ne sera dépassé qu'au XVIIIe siècle [période des grands fiefs].

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(Cl.J.Chatanay)

  En 1355, les rois de France qui avaient succédé comme dauphins aux sires de la Tour du Pin, cédèrent au comte de Savoie celles des anciennes seigneuries de l'ancienne Manche de Coligny que le comte n'avait pas encore conquises : Jujurieux devient savoyard et le reste avec le Bugey, jusqu'à la fin du XVIe siècle. Gouvernant un territoire sans solution de continuité, les comtes de Savoie remplacent les capitaines‑châtelains par des vassaux : c'est le cas, en 1395, pour le château de Châtillon‑de‑Cornelle, dans la montagne toute proche, acquis par le chevalier Perceval de Moyria, et en 1410, pour le château de Varey, inféodé au chevalier Boniface de Chaland. A Jujurieux, la Tour des Echelles appartient depuis le début du XIVe siècle, à la famille de Moyria mais cette maison forte, ainsi que le village qui la jouxte, sont toujours placés sous la dépendance du château de Varey.|Hégémonie Savoyarde].

   Dans l’ordre féodal, Jujurieux était une dépendance de la seigneurie de Varey à laquelle il avait été uni en 1410.

Philippe de Peroges, seigneur de Jusurieu, 1563
(arch. de la Côte-d’Or, B 10453, f° 118 r°)

  Son église paroissiale, diocèse de Lyon, archiprêtré d’Ambronay, était sous le vocable de Saint Etienne et à la collation de l’abbé d’Ambronay. Il y avait, à Jujurieux, un prieuré de l’ordre de Saint Benoît fondé, au XIe ou XIIe siècle, par les religieux d’Ambronay.  L'ancienne église a été construite vers 1460. Elle comportait plusieurs chapelles de familles importantes comme les Alliod, Cortois, Carante, Louvat de Champollon, Orset ou comtes de Challant.

  Par bulle de Leon X du mois de juin 1515,l'église de Jujurieux fut unie à la manse épiscopale du nouveau siège de Bourg en Bresse et retourna 20 ans après lors de la suppression définitive de cet évêché à l'abbayed'Ambronay.

   Le XVI° siècle  fut marqué par deux événements catastrophiques pour le duc de Savoie: la guerre simultanément entre la Savoie et les troupes bernoises protestantes, d'une part, lesquelles envahirent le pays de Gex au sud du Léman, entre la Savoie et les troupes de François 1er, d'autre part, lesquelles s'emparèrent de tout le reste de la Savoie, et notamment de la Bresse et du Bugey.

  Jujurieux eut aussi sa bataille qui elle, se déroula au Pré d'Aisiat (ou d'Osiat, ou d'Esia) vraisemblablement vers la fin du XVI ° (même si certains la situe avec une exactitude exagérée en 1536). Elle opposa les "Huguenots" ou "Confédérés Bernois", surtout des bandes  organisées de pillards ayant passé Fort l'Ecluse pour sévir  dans le Haut Bugey et le Valromay tout encherchant à atteindre la Bresse en empruntant  les vallées des petit affluents de l'Ain sur la rive gauche. Le Bugey appartenant encore au duché deSavoie , sous système féodal, vit l'un de ses bouillants sujets qui apparaît être Georges Lyobard seigneur du Châtelard de Lhuirerassembler autour de lui les seigneurs alentours, de Châtillon, de Mérignat, Montgriffon et Nivolet et gens en armes afin de tendre  une énorme embuscade à ces brigands à la sortie des défilés du Riez et du ruisseau de Marlieu, sous la Roche Noire , au lieu dit pré d'Aisiat , sorte deprairie dominée par des versants pentus. Harcelés dans leur descente par des jets de pierres et autres projectiles, perdant quelques éléments réquisitionnés pour faire le siège des châteaux environnants, le gros de latroupe  se trouva face à un rassemblement imposant d'adversaire en avant du hameau de la Courbatière bien décidés à en découdre. L'arrière garde de ses reîtres talonnée par les éléments des sires de Mérignat et Nivollet ne pouvant attaquer et contrainte de battre en retraite dévala elle aussi dans le pré. L'affrontement fut d'une grande violence et se poursuivit jusqu'à la nuit. Malheureusement le seigneur du Châtelard le paya de sa vie. 

De ce fait d'armes deux choses sont à retenir :

A l'issue des combats, l'épouse de ce sire impétueux vint à la nuit chercher son corps  au milieu des cadavres mais en vain. Sa raison ébranlée, dit on, persuadée qu'elle le retrouverait, fit qu'elle revint dans le pré d'Aisiat jusqu'à la fin de ses jours. Après sa mort son fantôme se mis à hanter la vallée dans cette impossible quête . Parmi les brumes de la nuit on peut la voir glisser insaisissables le long du Riez. A Noël elle apparaît dans une église de la région. Elle n'est point agressive et symbolise la fidélité conjugale.

 La seconde est l'érection  après la bataille d'une croix en bois, réalisée à partir d'un arbre de la forêt de Perrucle pour célébrer cette victoire et appelée: Croix des Matefaims. Car à ses pieds, dans l'euphorie qui suivie on y fit cuire de grosses crêpes dont le nom régional est matefaim. Le nom est resté mais la croix est maintenant en pierre. Une plaque y est adjointe.

 L'un des sires de Jujurieux qui s'illustra aux cotés d'Emmanuel Philibert de Savoie dans la reconquête de son territoire est Antoine Cortois dont la pierre tumulaire placée à l'entrée de la chapelle des Cortois dans l'ancienne église comporte une inscription et fut retrouvée dans une propriété avoisinante et réintégrée grâce aux Amis du Patrimoine.

 Quant à l'occupation française, elle dura vingt trois ans (l536‑1559), entraînant des résistances où s'illustra le clan du trésorier Alliod, de Jujurieux.

Georges Alliod

 Receveur général des finances de Bresse, Bugey et Valromey sous le duc Charles III de Savoie, puis sous François ler après une première annexion des pays de l'Ain à la France en 1536. Homme violent qui eut maille à partir avec la justice française. Le trésorier Alliod fut soutenu par tout un clan autour de son gendre Orcet, qui, mêlant la politique à la querelle, multiplia à Jujurieux les actes de résistance aux accusations, au cri de « Vive Savoie! ».Ce personnage est à l’origine d’une pièce de théâtre écrite par Philibert Neuville : Vendanges Manquées-Scènes de vie locale au Moyen Age à Jujurieux (1559).

 Avec le rattachement du Bugey à la France en 1601 et malgré la présence des troupes de Biron Jujurieux n'en fut que peu affecté gardant le château des Echelles arrière fief de la baronnie de Varey bâti par le comte de Chalant, le Châtelard de Lhuire qui en 1340 appartenait déjà à Hugues d'Hyères et qui en 1460 devint propriété de la maison de Savoie, le château de Chenavel qui certainement existait déjà à l'époque médiévale , le château de la Combes cité déjà dans une charte de 1248 où Geoffroy et Guillaume du Louvat en faisaient donation " en pur aumosne " à la maison de Saint-Jean de Jérusalem de l' Aumusse de Bresse  sans doute maison forte à l'époque ; tous intacts .

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armes de la famille de Moyria (cliché : Jean Chatanay)

 Au XVI ° siècle on trouve une auberge dans le bourg: l'auberge de la Croix Blanche et la place centrale est alors la place d'Armes. La place  où se trouve la mairie actuelle n'existe pas.

 Un arrêt de 1633 adjugea au doyen de la paroisse le droit de prélever sur les dîmes de Varey 23 bichets de froment.

 En 1640 un compte rendu écrit exceptionnel fait état d'une visite au Châtelard de Lhuire que l'on découvre ci dessous d'après un dessin réalisé par Mme Jeanne Rosier:

(dessin : Jeanne Rosier)

 Les pays de l'Ain furent rattachés à la province de Bourgogne : Jujurieux est, sous l'Ancien Régime, une  communauté du baillage et élection de Belley, le seigneur de Varey gardant les fonctions de police et de juridiction du premier degré ; la paroisse fait partie du diocèse de Lyon. Les statistiques de Jujurieux, présentées au XVIIe siècle (enquête de l'intendant Bouchu, 1664) et à la fin du XVIIIe siècle (registre de la municipalité, septembre 1790), indiquent un pays plutôt pauvre, dont la ressource principale était la vigne. L'ouverture, en 1760, d'une nouvelle route de Lyon à Genève par la vallée de Poncin, en plus du chemin muletier qui passait par Jujurieux et Mérignat, ne semble pas avoir porté tort à notre village, car elle désenclava l'ensemble du pays [Monarchie Française].

Retour des Louvat-Champollon à la fin du XVI ° au château de la Combes.

 L'amélioration des routes au XVIII° siècle facilite les échanges et semble donner au commerce un essor non négligeable. On note un nombre plus élevé de marchands sur la paroisse.

 1780 Joseph Orcel de Chatillon rachète la baronnie de Chatillon de Cornelle, Montgriffon, La Verdatière et la Tour des Echelles en Bugey qui avait appartenu un moment aux Meyriat et par un mariage a Emonette des Echelles qui semble lui avoir laissé son nom ( un autre château à Ambérieu en Bugey porte aussi le nom des Echelles et curieusement Jeanne Marie madeleine Orsel  sœur  de Joseph fut l'épouse en 1768 de François Buynand des Echelles, écuyer, seigneur des Echelles et co-seigneur d'Ambériau en Bugey ) et en 1787 la seigneurie de Lhuire. Commandant de la garde nationale de la commune de Saint Jérôme, officier municipal de Cuires-la Croix Rousse à Lyon en 1793 il est condamné à mort, emprisonné puis libéré le 7 juillet 1794 grâce à l'intervention de la population vivant sur ses ex-fiefs. Néanmoins, il dut se plier aux décisions du tribunal concernant ses biens: livrer les terriers et les archives des fiefs, faire découronner ses tours du château des Echelles, doter une fille vertueuse du pays Philiberte Gacon, vendre les terres de Chatillon .

 Au début de la Révolution, Jujurieux a 1200 habitants. Le pays adopte des attitudes modérées face aux événements politiques. Bien que sincèrement ouvert aux idées nouvelles et détruisant les anciens liens de dépendance, il prend la défense des anciennes familles à l'époque de la Terreur (c'est à Lyon et en tant que lyonnais que Dervieu de Varey, le seigneur du pays, est exécuté) et, quoique plutôt anticlérical, s'insurge contre les atteintes à la liberté du culte [Révolution Française].

 Sous l’ancien régime, Jujurieux était une communauté du bailliage et élection de Belley, subdélégation de Nantua et mandement d’Ambérieu.

Les Galluchat

 Vers la fin du XVIIe siècle, Michel Galluchat et Benoite Alliod, habitants de Jujurieux, ont deux fils nés à Jujurieux et établis à Lyon, Denis, maître charpentier et Jean Claude maître écrivain. Ce dernier se retire et meurt à Jujurieux en 1731. Il est le père de Jean Claude Galluchat (1689-1774), deuxième du nom, né à Lyon, maitre marchand gainier qui part pour Paris sous Louis XV, tout en restant propriétaire à Jujurieux et à Lyon jusqu’en 1749. C’est l’inventeur en France de la technique du gainage de la peau de petits requins ou de raies dite galuchat, pour étuis, boites, poignées d’épée etc., qui eut les commandes - c’est son heure de gloire - du roi et de la marquise de Pompadour. Puis, la technique tombe dans l’oubli, pour redevenir à la mode dans les années 1930, comme revêtement de boites et de mobilier, et à nouveau depuis 1985.

En 1786 naît Claude Joseph Bonnet  peu avant la révolution pendant laquelle s'illustre Albitte qui lui n'épargna pas le château de Varey et en partie le château de la Tour des Echelles  et faillit bien avoir raison de celui de Chenavel qui lui fut sauvé (ce que la tradition populaire dit) par le fait que la propriétaire Mme de Champollon était tout de même citoyenne mère de la République et en état d'allaitement. Les paysans eux firent valoir que la destruction d'un tel édifice entraînerait d'énormes dégâts dans les vignes en contrebas.

 Le corps d'habitation du Châtelard de Lhuire incendié, semble t'il après la Révolution, tombe peu à peu en ruine malgré la présence un instant d'un gardien. En 1867 le baron Achille de Raverat auteur des  "Vallées du Bugey " en fera une description montrant l'importance des  bâtiments.

Joseph-François du Louvat officier  sous Murat est maire de Jujurieux après avoir quitté l'armée

 Un enfant de Jujurieux : Guillot Jean Baptiste, marchand de dorures, résidant à Lyon, 49 ans, condamné par la Commission révolutionnaire de Lyon est fusillé le 18 décembre 1793 en cette ville, motif d'accusation : "Lieutenant et contre-révolutionnaire".

La terreur blanche qui répandit la panique sur la France de 1815 à 1817 semble avoir voulu faire d'un autre natif de Jujurieux ,César Savarin (1771), un exemple, d' une justice expéditive accusant à tort cet ancien soldat puis lieutenant des armées de la Révolution et de l'Empire d'avoir organisé un complot contre Louis XVIII et d'être à la tête d'une bande rebelles prête à résister dans les montagnes du Bugey. Il fut l'objet devant la cour d'assises de Bourg d'un véritable procès politique et fut condamné à mort pour faire un exemple et guillotiné à Bourg en Bresse le 25 Octobre 1816.

Avec l'Empire de nouvelles maisons plus opulentes, abritant une intelligentsia post révolutionnaire, issue d'une bourgeoisie locale, apparaissent. Ainsi en 1825, on note celles de Mme Levet, Mme de Champollon, Jean Joseph Bonnet, la maison Pittion , la maison Savarin, Jean Baptiste Bonnet, la maison Durand.

 Des artistes, pour la plupart peintres se sont intéressés à Jujurieux et à ses environs, au XIXe siècle (et plus tard au XXe).

En 1835 Claude Joseph Bonnet édifie la manufacture de soieries qui va métamorphoser la commune jusque là pauvre et rurale sur laquelle on cultive froment, seigle, avoine et orge et un peu de vigne, en un territoire industriel où la " Fabrique " est au centre et permet la naissance de petits commerces.

1849 marque l'arrivée de Jules Ward décédé hélas trop jeune en 1866 un an avant C. J Bonnet (1867).

 L'église de Jujurieux est reconstruite entre 1854 et 1856

Médora Charles, née Martin

(Nantua 1828-Jujurieux 1915)

Fille de Joseph Martin et épouse de Pierre Charles, peintres-plâtriers amenés à Jujurieux par l’usine.  Dans la seconde moitié du XIXe siècle et déjà au moment de la Révolution de 1848, cette femme instruite, après avoir été couturière, tint café, rédigeait les lettres et faisait la lecture du journal à Cucuen, quartier populaire de Jujurieux. Elle soignait  les adultes et les enfants, souvent les cardiaques, selon la méthode du médecin contestataire François Raspail, dont le grand remède était le camphre. C’était une républicaine militante et une patriote.

 En 1872 un objet de bronze, semble t'il une fibule, est trouvée sur le plateau du Châtelard de Lhuire dans une nécropole que l'Abbé Marchand fouillera et déterminera comme étant sans doute burgonde datant du VII° siècle.

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(Cl.J.Chatanay)

Eugène Bonnet

 Médecin et homme politique, né en 1815 et mort en 1892 à Jujurieux où il a exercé la médecine. Conseiller municipal et adjoint au maire pendant près d'un demi‑siècle, conseiller général de 1871 à 1883, il fut sénateur de l'Ain, de 1876 à 1885, de la tendance républicaine centre-gauche, fidèle en cela aux idées de son grand-père Jean-Baptiste Bonnet, maire de Jujurieux sous la Révolution.

Paul Cottin

(1836-1925)

 Homme politique et écrivain, petit‑fils de Claude-Joseph Bonnet, né en 1836 et décédé en 1925 à Lyon, mais qui a passé une grande partie de sa vie à Jujurieux, dont il fut maire de 1881 à 1888. Il s'occupa de presse politique avant et après la guerre de 1870, pendant laquelle il commanda la compagnie des Francs‑Tireurs du Bugey. Député de l'Ain de 1871 à 1876, il appuya la politique de l'ordre moral, puis il tenta en vain de se faire réélire par la suite dans l'arrondissement de Belley, où il fonda un syndicat agricole. Il s'occupa beaucoup de la défense religieuse, ce qui lui valut le titre de comte romain.

 A partir de 1880 la commune se couvre de châteaux appelés souvent "châteaux de l'industrie " et de maisons bourgeoises  . Ainsi auPrésavoie construit par Jules Bonnet (actuellement des Evettes), de Montaillet, du Speyconstruit par Adèle Bonnet, de Valence s'ajoutent Sénèche construit par Cyrille Cottin, Les Guérets construit par Claire Bonnet, le château de Cossieux par Victor Bonnet, le Curson(actuellement le Val Roses), Beauregard. Une usine de ciment vient s'installer à la Roche Noire sur l'emplacement des moulins de Cossieu. Son extension  vers 1900 grâce à la construction des lignes des tramways de l'Ain, en direction de Sous Chaly où jadis fonctionnait une papeterie transformée en une scierie importante donne naissance aux "Ciments Lyonnais " dont une partie des bâtiments subsistent malgré sa fermeture pendant la seconde guerre mondiale et le démantèlement des fours à chaux. Actuellement avoir été une station de stockage de grains puis de chaux elle est une sorte de friche industrielle privée.

   Marie Gabriel Boccard, médecin et homme politique maire de Jujurieux de 1904 à 1919

 Sur la ligne de tramways Ambérieu-Cerdon achevée en 1897 vient se greffer dès 1896 la ligne de Pont-d'Ain à Jujurieux destinée a desservir le village et l'usine Bonnet par des trains ouvriers et de marchandises. En 1911 on construira un embranchement particulier  destiné à l'usine de chaux Olivier et des Ciments Lyonnais ainsi qu'à la scierie Jarret.

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En 1913 paraît à la librairie Plaisance de Pont-d'Ain une pièce de théâtreécrite par Philibert Neuville : "Les Vendanges Manquées" Scènes de la vie locale au Moyen Age à Jujurieux (1559) et qui relate avec humour un fait de notre histoire locale.

 C'est dans ce site ainsi qu'à Boyeux-Saint-Jérôme et Neuville-sur-Ain que sera tourné en 1929  "Dans la Nuit" ce film muet réalisé par Charles  Vanel qui annonce le Renoir d'un cinéma populaire mais qui garde une certaine subtilité inspiré du fantastique allemand de la même époque et dans lequel Charles Vanel et Sandra Milowanoff  en sont les acteurs principaux. Bon nombre de figurants sont des gens du pays dont M Girod, ancien instituteur, dans le rôle d'un galopin bien turbulent.

           

                 au restaurant "Les Terrasses " à Neuville-sur-Ain (photographie du film)

"Dans la Nuit" est un film tout à fait intéressant sur la conditions de travail au début du XX° siècle dans les carrières et les usines de fabrication de ciment. Il a été restauré par l'Institut Lumière.

 La première guerre mondiale apportera son lot de "mort au champsd'honneur" sur un front souvent bien lointain et Jujurieux édifiera àleur mémoire un monument comportant une statue de Muscat. La seconde y ajoutera ceux tombés et déportés pour une cause et des faits de résistance à l'occupant bien proche.

Les américains au Pont Levrat 1945

 Le déclin de Jujurieux est favorisé par la disparition, avant 1900, d'une grande partie du vignoble, tué par le phylloxéra et par la fin progressive du pensionnat industriel et du tissage à domicile, entre les deux guerres mondiales. Une réduction tardive mais brutale des personnels salariés par la maison Bonnet, dans les années 1960, est insuffisamment relayée par l'implantation de diverses petites entreprises. L’entreprise Bonnet ferme, elle-même, ses portes en 2001 et l’usine, devenue propriété publique (les bâtiments et les terrains à la Communauté de Communes Bugey-Vallée de l’Ain, les matériels et les collections au Département), est transformée en 2002 en Mission Départementale d’Inventaire et de Valorisation des Soieries Bonnet. Pendant ce temps, le développement des moyens de transports individuels favorise la transformation du village en commune‑dortoir, changement lié à l'essor d'une périphérie s'étendant de Poncin à Ambérieu en Bugey, voire à Bourg ou à Lyon. Le chiffre de la population  est remonté récemment à plus de 2000 habitants [V° République].

BIBLIOGRAPHIE

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