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Gisiriaci, X° siècle (dans Gallia Christiana, T. IV, col. 217) Jusiriaci, en 1115 env., (Arch. Ain H 218). Jusireus, 1250 env. (pouillé du dioc. de Lyon, f° 15 r°). Jusireu, 1325 env. (ibid., f° 8). Jusiria, 1365 env. (Bibl. nat., lat. 10031, f° 18 v°) ; 1492 de (pouillé du dioc. de Lyon, f° 29 v°). Jusuriacus, 1436 (arch. de la Côte-d’Or, B 696, f° 251 v°). Iter publicum tendens de loco Jusuriaci apud Chaux, 1520 (ibid., B 886). Jujuriacus, mandamenti de Varey, 1529 (arch. de l’Ain, G 31). Jusurieu, 1587 (pouillé du dioc. de Lyon, f° 14 v°) ; 1650 (Guichenon, Bugey, p. 70). Juserieu en Bugey, 1660 (titres de fam.). Juzurieu, 1660 (ibid.). Jusurieux, 1668 (ibid.). Jussurieu, 1670 (enquête Bouchu). Jusurieu in Beugesio, 1695 (titres de la fam. Bonnet). Jujurieu, 1738 (ibid.). Jujurieux, sub-délégation de Belley, 1767 (arch. de l’Ain, C 421) Jusurieu en Bugey, XVIIIe s. (Gall. christ., t. IV, col. 217). Jujurieux, arrondissement de Belley, an XIII (Ann. De l’Ain) Jujurieux, arrondissement de Nantua, 1808 (Stat. Bossi). |
La nécropole du Châtelard de
Lhuire, mise en évidence en 1872 – 1873 par M le
baron Maupetit et la découverte d’une fibule attestent d’une présence
Burgonde aux alentours de la fin du VI° et début du VII° siècle [Invasions
barbares].
Alramus
Ancien curé de Jujurieux a été élu en 931 évêque de Mâcon (cité par Guigue, Topographie historique de l'Ain, 1873).
Après la chute de
l'empire romain , les invasions barbares , le christianisme , la féodalité peu
d'événements semblent avoir marqué l'histoire locale . Le passage des
Sarrazins : une possible trace sur le plateau au dessus du village appelé
Pierre Sarrazin .
En 1141 un Odon est prieur du prieuré de Jujurieux et nommé par l'abbé d'Ambronay
à la cure.
Peu mentionné par
Guichenon , Jujurieux fut un doyenné ecclésiastique dépendant de
l'abbaye d'Ambronay .
Sur le plan
civil, au XlIe siècle, la paroisse de Jujurieux appartenait à la manche de
Coligny. Cette seigneurie provenant du morcellement des domaines carolingiens
fut elle‑même démembrée au XIIIe siècle, dans notre région, par une série de
mariages, au profit des sires de Thoire, des comtes de Genève et des sires de la
Tour du Pin. Ces derniers devenant en 1282 dauphins du Viennois.
En 1304 l'archevêque de Lyon, Louis de Villars reconnaît que le prieuré de
Jujurieux ne lui doit aucune espèce de procuration et il devient doyenné.
En
1325, retentirent
jusqu'au village les bruits de la bataille d'Arpille que se livrèrent dans la
plaine toute proche, au pied du château de Varey, le Dauphin et le comte de
Savoie et qui mit le feu aux maisons des voisins de Saint‑Jean‑le‑Vieux. Treize
ans plus tard, en 1339, le dauphin Humbert II proposant au Pape de lui vendre
ses Etats, celui‑ci envoya des enquêteurs pour vérifier la population et les
revenus de ces fiefs. La paroisse de Jujurieux se partage alors entre le
mandement de Varey et celui du Chatelard de Luyre, ce qui nous empêche de
connaître le nombre précis de feux, lesquels doivent se compter aux environs de
200, comme dans la plupart des localités environnantes, soit 800 habitants,
chiffre qui ne sera dépassé qu'au XVIIIe siècle [période des grands fiefs].
(cliché : Jean Chatanay)
Philippe de Peroges, seigneur de Jusurieu, 1563 (arch. de la Côte-d’Or, B 10453, f° 118 r°).
Par
bulle de Leon X du mois de juin 1515,l'église de Jujurieux fut unie à la manse
épiscopale du nouveau siège de Bourg en Bresse et retourna 20 ans après lors de
la suppression définitive de cet évêché à l'abbaye d'Ambronay.
Le XVI° siècle fut
marqué par deux événements catastrophiques pour le duc de Savoie: la guerre
simultanément entre la Savoie et les troupes bernoises protestantes, d'une part,
lesquelles envahirent le pays de Gex au sud du Léman, entre la Savoie et les
troupes de François 1er, d'autre part, lesquelles s'emparèrent de tout le reste
de la Savoie, et notamment de la Bresse et du Bugey.
Jujurieux eut aussi sa bataille
qui elle, se déroula au Pré d'Aisiat (ou d'Osiat, ou d'Esia) vraisemblablement vers la fin
du XVI ° (même si certains la situe avec une exactitude exagérée en 1536). Elle opposa les "Huguenots" ou "Confédérés
Bernois", surtout des bandes organisées de pillards ayant passé
Fort l'Ecluse pour sévir dans le Haut Bugey et le Valromay tout en
cherchant à atteindre la Bresse en empruntant les vallées des petits
affluents de l'Ain sur la rive gauche. Le Bugey appartenant encore au duché de
Savoie , sous système féodal, vit l'un de ses bouillants sujets qui apparaît
être Georges Lyobard seigneur du Châtelard
de Lhuire
rassembler autour de lui les seigneurs alentours, de Châtillon, de Mérignat, Montgriffon et Nivolet et gens en armes afin de tendre une
énorme embuscade à ces brigands à la sortie des défilés du Riez et du
ruisseau de Marlieu, sous la Roche Noire , au lieu dit pré d'Aisiat , sorte de
prairie dominée par des versants pentus. Harcelés dans leur descente par des
jets de pierres et autres projectiles, perdant quelques éléments
réquisitionnés pour faire le siège des châteaux environnants, le gros de la
troupe se trouva face à un rassemblement imposant d'adversaire en avant
du hameau de la Courbatière bien décidés à en découdre. L'arrière garde
de ses reîtres talonnée par les éléments des sires de Mérignat et Nivollet
ne pouvant attaquer et contrainte de battre en retraite dévala elle aussi dans
le pré. L'affrontement fut d'une grande violence et se poursuivit jusqu'à la
nuit. Malheureusement le seigneur du Châtelard le paya de sa vie.

De
ce fait d'armes deux choses sont à retenir :
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A l'issue des combats, l'épouse de ce sire impétueux vint à la nuit chercher son corps au milieu des cadavres mais en vain. Sa raison ébranlée, dit on, persuadée qu'elle le retrouverait, fit qu'elle revint dans le pré d'Aisiat jusqu'à la fin de ses jours. Après sa mort son fantôme se mis à hanter la vallée dans cette impossible quête . Parmi les brumes de la nuit on peut la voir glisser insaisissables le long du Riez. A Noël elle apparaît dans une église de la région. Elle n'est point agressive et symbolise la fidélité conjugale. |
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La seconde est l'érection après la bataille d'une croix en bois, réalisée à partir d'un arbre de la forêt de Perrucle pour célébrer cette victoire et appelée: Croix des Matefaims. Car à ses pieds, dans l'euphorie qui suivie on y fit cuire de grosses crêpes dont le nom régional est matefaim. Le nom est resté mais la croix est maintenant en pierre. Une plaque y est adjointe . |
L'un des sires de Jujurieux qui s'illustra aux cotés d'Emmanuel Philibert de
Savoie dans la reconquête de son territoire est Antoine Cortois dont la pierre
tumulaire placée à l'entrée de la chapelle des
Cortois dans l'ancienne église comporte une
inscription et fut retrouvée dans une propriété avoisinante et
réintégrée grâce aux Amis du Patrimoine.
Quant à l'occupation française, elle
dura vingt trois ans (l536‑1559), entraînant des résistances où s'illustra le
clan du trésorier Alliod, de Jujurieux.
Georges Alliod
Receveur général des finances de Bresse, Bugey et Valromey sous le duc Charles III de Savoie, puis sous François ler après une première annexion des pays de l'Ain à la France en 1536. Homme violent qui eut maille à partir avec la justice française. Le trésorier Alliod fut soutenu par tout un clan autour de son gendre Orcet, qui, mêlant la politique à la querelle, multiplia à Jujurieux les actes de résistance aux accusations, au cri de « Vive Savoie! ».Ce personnage est à l’origine d’une pièce de théâtre écrite par Philibert Neuville : Vendanges Manquées-Scènes de vie locale au Moyen Age à Jujurieux (1559).
Avec le rattachement du Bugey à la France en 1601 et malgré la présence des
troupes de Biron Jujurieux n'en fut que peu affecté gardant le château des
Echelles arrière fief de la baronnie de Varey bâti par le comte de Chalant, le Châtelard de Lhuire
qui en 1340 appartenait déjà à Hugues d'Hyères et qui en 1460 devint
propriété de la maison de Savoie, le château de Chenavel qui certainement
existait déjà à l'époque médiévale , le château de la
Combes cité déjà dans une charte de 1248 où Geoffroy et Guillaume du Louvat
en faisaient donation " en pur aumosne " à la maison de Saint-Jean de
Jérusalem de l' Aumusse de Bresse sans doute maison forte à l'époque ; tous intacts .
armes de la famille de Moyria (cliché : Jean Chatanay)
Au XVI ° siècle on trouve une auberge dans le bourg: l'auberge de la Croix
Blanche et la place centrale est alors la place d'Armes. La place
où se trouve la mairie actuelle n'existe pas.
Un arrêt de 1633 adjugea au doyen de la paroisse le droit de prélever sur les
dîmes de Varey 23 bichets de froment.
En 1640 un compte rendu écrit exceptionnel
fait état d'une visite au Châtelard de Lhuire
que l'on découvre ci dessous d'après un dessin réalisé par Mme Jeanne Rosier:

(dessin: Jeanne Rosier)
Retour des
Louvat-Champollon à la fin du XVI ° au château de la Combes.
L'amélioration des routes au XVIII° siècle facilite les échanges et semble
donner au commerce un essor non négligeable. On note un nombre plus élevé de
marchands sur la paroisse.
1780 Joseph Orcel de Chatillon
rachète la baronnie de Chatillon de Cornelle, Montgriffon,
La Verdatière et la Tour des Echelles en Bugey qui avait appartenu un moment
aux Meyriat et par un mariage a Emonette des Echelles qui semble lui avoir
laissé son nom ( un autre château à Ambérieu en Bugey porte aussi le nom des
Echelles et curieusement Jeanne Marie madeleine Orsel
Au
début de la
Révolution, Jujurieux a 1200 habitants. Le pays adopte des attitudes modérées
face aux événements politiques. Bien que sincèrement ouvert aux idées nouvelles
et détruisant les anciens liens de dépendance, il prend la défense
des anciennes
familles à l'époque de la Terreur (c'est à Lyon et en tant que lyonnais que Dervieu de Varey, le seigneur du pays, est exécuté) et, quoique plutôt
anticlérical, s'insurge contre les atteintes à la liberté du culte
[Révolution Française].
Sous l’ancien régime, Jujurieux
était une communauté du bailliage et élection de Belley, subdélégation de Nantua
et mandement d’Ambérieu.
Les Galluchat
Vers la fin du XVIIe siècle, Michel Galluchat et Benoite Alliod, habitants de Jujurieux, ont deux fils nés à Jujurieux et établis à Lyon, Denis, maître charpentier et Jean Claude maître écrivain. Ce dernier se retire et meurt à Jujurieux en 1731. Il est le père de Jean Claude Galluchat (1689-1774), deuxième du nom, né à Lyon, maitre marchand gainier qui part pour Paris sous Louis XV, tout en restant propriétaire à Jujurieux et à Lyon jusqu’en 1749. C’est l’inventeur en France de la technique du gainage de la peau de petits requins ou de raies dite galuchat, pour étuis, boites, poignées d’épée etc., qui eut les commandes - c’est son heure de gloire - du roi et de la marquise de Pompadour. Puis, la technique tombe dans l’oubli, pour redevenir à la mode dans les années 1930, comme revêtement de boites et de mobilier, et à nouveau depuis 1985.
En
1786 naît Claude Joseph Bonnet peu avant la révolution pendant laquelle
s'illustre Albitte qui lui n'épargna pas le château de Varey et en partie
le château de la Tour des Echelles et faillit
bien avoir raison de celui de Chenavel qui lui fut sauvé (ce que la
tradition populaire dit) par le fait que
la propriétaire Mme de Champollon était tout de même citoyenne
mère de la République et en état d'allaitement. Les paysans eux firent
valoir que la destruction d'un tel édifice entraînerait d'énormes dégâts
dans les vignes en contrebas.
Le corps d'
habitation
du Châtelard de Lhuire incendié semble t il après la Révolution tombe peu à
peu en ruine malgré la présence un instant d'un gardien. En 1867 le baron
Achille de Raverat auteur des "Vallées du Bugey " en fera une
description montrant l'importance des bâtiments .
Joseph -
François du Louvat officier sous Murat est maire de Jujurieux après
avoir quitté l'armée
Un enfant de
Jujurieux : Guillot Jean Baptiste, marchand de dorures, résidant à Lyon, 49 ans,
condamné par la
Commission révolutionnaire de Lyon est fusillé le 18 décembre 1793 en cette
ville , motif d'accusation : "Lieutenant et contre-révolutionnaire".
La
terreur blanche qui répandit la panique sur la France de 1815 à 1817 semble
avoir voulu faire d'un autre natif de Jujurieux ,
César Savarin (1771), un
exemple, d' une justice expéditive accusant à tort cet
ancien
soldat puis lieutenant des armées de la Révolution et de l'Empire
d'avoir organisé un complot contre Louis XVIII
et d'être à
la tête d'une bande rebelles prête à résister dans les montagnes du Bugey.
Il fut l'objet devant la cour d'assises de Bourg d'un véritable procès politique
et fut condamné à mort pour faire un exemple et guillotiné à Bourg en
Bresse le 25 Octobre 1816.
Avec l'Empire de nouvelles maisons plus opulentes, abritant une intelligentsia
post révolutionnaire, issue
d'une bourgeoisie locale, apparaissent.
Ainsi en 1825, on note
celles de Mme Levet, Mme de Champollon, Jean Joseph Bonnet, la maison Pittion ,
la maison Savarin, Jean Baptiste Bonnet, la maison Durand.
Des
artistes,
pour la plupart peintres se sont intéressés à Jujurieux et à ses environs, au XIXe siècle
(et plus tard au XXe).
En 1835 Claude Joseph Bonnet édifie
la manufacture de soieries qui va
métamorphoser la commune jusque là pauvre et rurale sur laquelle on cultive
froment, seigle, avoine et orge et un peu de vigne, en un territoire industriel
où la " Fabrique " est au centre et permet la naissance de petits
commerces.
1849
marque l'arrivée de Jules Ward décédé hélas trop jeune en 1866 un an avant
C. J Bonnet (1867).
L'église de Jujurieux est reconstruite entre
1854 et 1856
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Médora Charles, née Martin (Nantua 1828-Jujurieux 1915) Fille de Joseph Martin et épouse de Pierre Charles, peintres-plâtriers amenés à Jujurieux par l’usine. Dans la seconde moitié du XIXe siècle et déjà au moment de la Révolution de 1848, cette femme instruite, après avoir été couturière, tint café, rédigeait les lettres et faisait la lecture du journal à Cucuen, quartier populaire de Jujurieux. Elle soignait les adultes et les enfants, souvent les cardiaques, selon la méthode du médecin contestataire François Raspail, dont le grand remède était le camphre. C’était une républicaine militante et une patriote.
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En 1872 un objet
de bronze, semble t'il une fibule, est trouvée sur le plateau du
Châtelard de Lhuire dans une nécropole que l'Abbé Marchand fouillera et
déterminera comme étant sans doute burgonde datant du VII ° siècle.
(cliché : Jean Chatanay)
Eugène Bonnet
(1815-1892)
Médecin et homme politique, né en 1815 et mort en 1892 à Jujurieux où il a exercé la médecine. Conseiller municipal et adjoint au maire pendant près d'un demi‑siècle, conseiller général de 1871 à 1883, il fut sénateur de l'Ain, de 1876 à 1885, de la tendance républicaine centre-gauche, fidèle en cela aux idées de son grand-père Jean-Baptiste Bonnet, maire de Jujurieux sous la Révolution.
Paul Cottin
(1836-1925)
Homme politique et écrivain, petit‑fils de Claude-Joseph Bonnet, né en 1836 et décédé en 1925 à Lyon, mais qui a passé une grande partie de sa vie à Jujurieux, dont il fut maire de 1881 à 1888. Il s'occupa de presse politique avant et après la guerre de 1870, pendant laquelle il commanda la compagnie des Francs‑Tireurs du Bugey. Député de l'Ain de 1871 à 1876, il appuya la politique de l'ordre moral, puis il tenta en vain de se faire réélire par la suite dans l'arrondissement de Belley, où il fonda un syndicat agricole. Il s'occupa beaucoup de la défense religieuse, ce qui lui valut le titre de comte romain.
A
partir de 1880 la commune se couvre de châteaux appelés souvent "
châteaux de l'industrie " et de maisons bourgeoises . Ainsi au
Présavoie construit par Jules Bonnet (actuellement des Evettes), de Montaillet, du Spey
construit par Adèle Bonnet, de
Valence s'ajoutent Sénèche construit par Cyrille Cottin, Les Guérets
construit par Claire Bonnet, le château de Cossieux par Victor Bonnet, le Curson
(actuellement le Val Roses), Beauregard. Une usine de ciment vient
s'installer à la Roche Noire sur l'emplacement des moulins de Cossieu. Son
extension vers 1900 grâce à la construction des lignes des tramways de
l' Ain, en direction de Sous Chaly où jadis fonctionnait une papeterie
transformée en une scierie importante donne naissance aux "Ciments
Lyonnais " dont une partie des bâtiments subsistent malgré sa fermeture
pendant la seconde guerre mondiale et le démantèlement des fours à
chaux. Actuellement elle n'est plus qu'une station de stockage de chaux.
C'est dans ce
site ainsi qu'à Boyeux Saint Jérôme et Neuville sur Ain que sera tourné en
1929 "Dans la Nuit" ce film muet réalisé par Charles
Vanel qui annonce le Renoir d'un cinéma populaire mais qui garde une certaine
subtilité inspiré du fantastique allemand de la même époque et dans lequel
Charles Vanel et Sandra Milowanoff en sont les acteurs principaux. Bon
nombre de figurants sont des gens du pays dont M Girod, ancien instituteur, dans le rôle d'un galopin bien turbulent.

au restaurant "Les Terrasses " à Neuville sur Ain (Photographie du film)
"Dans la Nuit" reste un document très intéressant sur la conditions de travail au début du XX° siècle dans les carrières et les usines de fabrication de ciment. Il a été restauré par l'Institut Lumière
En
1913 paraît à la librairie Plaisance de Pont d'Ain une pièce de théâtre
écrite par Philibert Neuville: "Les Vendanges Manquées"
Scènes de la vie locale au Moyen Age à Jujurieux (1559) et qui relate avec
humour un fait de notre histoire locale.
Sur
la ligne de tramways Ambérieu
Cerdon achevée en 1897 vient se greffer
dès 1896 la ligne de Pont d'Ain à Jujurieux destinée a desservir le village
et l'usine Bonnet par des trains ouvriers et de marchandises. En 1911 on
construira un embranchement particulier destiné à l'usine de chaux
Olivier et des Ciments Lyonnais ainsi qu'à la scierie Jarret .
Marie Gabriel Boccard,
médecin et homme politique maire de Jujurieux
de 1904 à 1919
La
première guerre mondiale apportera son lot de "mort au champs
d'honneur" sur un front souvent bien lointain et Jujurieux édifiera à
leur mémoire un monument comportant une statue de Muscat. La seconde y
ajoutera ceux tombés et déportés pour une cause et des faits de résistance
à l'occupant souvent bien proche.

Les américains au Pont Levrat 1945
Le déclin de Jujurieux est favorisé
par la disparition, avant 1900, d'une grande partie du vignoble, tué par le
phylloxéra et par la fin progressive du pensionnat industriel et du tissage à
domicile, entre les deux guerres mondiales. Une réduction tardive mais brutale
des personnels salariés par la maison Bonnet, dans les années 1960, est
insuffisamment relayée par l'implantation de diverses petites entreprises.
L’entreprise Bonnet ferme, elle-même, ses portes en 2001 et l’usine, devenue
propriété publique (les bâtiments et les terrains à la Communauté de Communes
Bugey-Vallée de l’Ain, les matériels et les collections au Département), est
transformée en 2002 en Mission Départementale d’Inventaire et de Valorisation
des Soieries Bonnet. Pendant ce temps, le développement des moyens de transports
individuels favorise la transformation du village en commune‑dortoir, changement
lié à l'essor d'une périphérie s'étendant de Poncin à Ambérieu en Bugey, voire à
Bourg ou à Lyon. Le chiffre de la population est remonté récemment à plus de
2000 habitants [V° République].