LA COMBE

La Combe francoprovençal cumba, du latin cumba, le creux aussi La Comba (1600)

La Combe est un hameau  au nord est de Jujurieux  dans un riant vallon où coule le Chambafort qui prend sa source dans le bois des Communailles.

A l’entrée du hameau existe une Croix en bois sur un socle en pierre. Rénovée depuis peu.

A l'intérieur un abreuvoir, fontaine  dite « à tiroir » avec trois bacs bout à bout servis par une borne. L'ensemble est couvert. Le four proche du château a disparu.

                                        Eléments remarquables et particuliers

 En haut du hameau, plusieurs maisons vigneronnes, dont une avec barrière caractéristique, et inscription 1871 JPJ.

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 Remise à foin avec sur une poutre date 1830.

 Maison Bottex R. : au premier niveau, linteau de porte avec accolade.

 

 Un peu plus loin fenêtre et porte arrondie.

 Le Four , était proche du Château, la date de démolition paraît oubliée

 Les vestiges du barrage du Chambafort

« LA COMBE », Manoir Séculaire

des   Louvat - Champollon

 "d'azur au loup passant d'or avec cette devise un peu sauvage et passablement fière: Lupus in fabulâ "

Cour herbeuse à la fontaine tranquille, chapelle, pigeonnier, four à pain, communs aux «fenières ajourées», escalier à vis, salle basse dallée à l'énorme cheminée, telle apparaît aujourd'hui encore, tapie au fond de sa «combe», adossée aux derniers contreforts du Bugey, la vieille demeure de la famille du Louvat de Champollon. Histoire Il remonte, dans son état actuel, au XVIe siècle mais son histoire se perd dans la nuit des temps. Déjà, nous le savons par une charte de 1248 conservée aux archives du Rhône, deux frères. Geoffroy et Guillaume du Louvat. faisaient donation « en pure aumosne » à la maison de Saint-Jean de Jérusalem de l' Aumusse en Bresse, de tout ce qu'ils possédaient à Planchemel dans la commune de Curtafond. La belle église romane, si sobrement restaurée dans sa pureté première, a du avoir la visite des deux donataires à l'époque de la première croisade de Saint-Louis. Une autre charte de 1337 conservée dans la famille de ses propriétaires, atteste en effet dès cette époque l'existence de "la manse de La Cou à la Combe".     

A la fin du XVe siècle, les Louvat relevaient les armes et héritaient de l'antique maison de Balmey dont les ancêtres ont permis l'installation sur leurs terres, près de la Balme-sur-Cerdon, de la Chartreuse de Meyriat. Ponce de Bal-may, évêque de Belley et fondateur de la Chartreuse, avait quitté son évêché de la plaine pour rejoindre, vers 1150, la Chartreuse de Portes dans les solitudes du Haut-Bugey.

C'est par une alliance que les Louvat-Champollon (famille d'extraction chevaleresque de la Dombes et du Bugey), vinrent se fixer dans le vallon de La Combe à la fin du XVIe siècle. Ennemonde de la Couz ,fille de René et de Claudine d'Oncieux ,apporte en dot à son mari Jean-Claude du Louvat, la maison forte et les terres qui l'entourent. Elle appartient à la famille de la Cou(x) dont les membres signaient souvent : "La Coux la Combe" et est  la nièce de Claude de la Couz qui. durant 40 années, a présidé, comme abbé, aux destinées de la grande abbaye bénédictine d'Ambronay toute proche. Il succède lui-même à son oncle François de Bachod qui, devenu évêque de Genève, fut grand dataire du pape et son ambassadeur auprès du duc de Savoie. Un beau tableau, toujours dans la famille, le montre présentant un placet à l'austère Paul IV au grand corps maigre et aux traits émaciés. Tableau qui était autrefois accroché, à côté de bien d'autres, aux murs de la Salle Haute de La Combe.

Les armes de Claude de la Couz. l'abbé d'Ambronay. « d'azur aux trois hérissons d'or ». sont toujours visibles au-dessus de la porte de la chapelle de La Combe : mais on peut aussi les voir, avec la crosse abbatiale au village d'Ambronay sur l'ancien moulin de l'Abbaye : elles sont aussi sur sa pierre tombale autrefois dans le chœur de l'église abbatiale, mais maintenant relevée contre le mur du cloître par les soins du père Poncet à qui l'on doit en grande partie la renaissance du complexe abbatial d'Am¬bronay. Elles se trouvent encore sur la grande cheminée du château de Chenavel. autre demeure seigneuriale de l'abbé Claude et propriété des Louvat pendant de longues années. Ses quatre tours font face, par delà la « rivière d'Ain ». au vieux donjon de Thôl, sentinelle avancée de la Dombe, fief des Coucy-Châteauvieux, une des premières alliances des Louvat au XIVe siècle.   

Le château de la Combe vit naître en 1737 - et mourir en 1810 - le général Gaspard‑Adrien du Louvat de Champollon (1737-1810). Général de division, né en 1737 et décédé le 13 mars 1810 au château de la Combe, à Jujurieux, seigneur de Craz - la-Combe, marié à Claudine-Françoise Gallien de la Chaux le 17 février 1795 à Saint Jean le Vieux. Sa carrière d'officier commença sous la monarchie, de 1761 à 1769, par cinq campagnes en Amérique du Nord et aux Antilles. Décoré chevalier de Saint Louis en 1781, major en 1785, lieutenant colonel en 1792 dans les armées de la Révolution, il se signala sous Kellerman, à Valmy, puis sous Dumouriez, à Jemmapes, ce qui lui valut ses premières étoiles. Il combattit ensuite en Belgique et c'est à lui qu'échut la mission de proclamer sur le front des troupes, le 2 avril 1793, la destitution de Dumouriez passé à l'ennemi. Dans l’année 1793, il passe de général de brigade à celui de division Sa dernière campagne eut lieu dans les Ardennes. Suspendu comme ci‑devant noble, en septembre 1793, il fut blanchi en 1795 et se retira à Jujurieux, dont il fut nommé maire sous l'Empire. La pierre tombale de sa femme, Marie‑Claudine Gallien de la Chaux, se trouve à l'entrée de la chapelle du château. La chronique locale raconte que la «citoyenne Louvat» étant près de ses couches en 1792 se vit. pour cette raison, épargner la destruction des hautes tours de sa demeure. Les mauvaises langues expliquaient autrement ce sauvetage aussi heureux que de dernière minute: on ne voulait pas abîmer, par la chute de pierres qu'aurait occasionnée la démolition, les belles vignes qui s'étalaient sur les pentes ensoleillées de la butte... Son frère puiné, le chevalier Joseph-Etienne-Anne, syndic de la Noblesse du Bugey. était avec lui à Belley. le 17 mars 1789. pour l'ouverture des Etats-Généraux de son ordre. Ce jour-là où les esprits étaient encore à l'optimisme des débuts, la petite capitale bugiste était en fête. Les deux Louvat étaient, avec le comte de Seyssel-Sothonod. premier syndic, en tète du cortège des 48 délégués qui mena ces derniers de la cathédrale à l"« hôtel de la Province, la belle maison Cyvot, rue du Bourg-Vieux ».
Moins de deux mois plus tard, Joseph-Etienne-Anne se mariait, à Belley encore, avec Hélène de Longecombe de Thoy, ainée d'une antique maison du Bugey. Le grand-oncle de la mariée, Antoine Balthazar, premier marquis de Thoy, avait commandé une armée française en Espagne sous Philippe V ; ce dernier lui avait donné, en signe de gratitude, une épée au pommeau d'or; mais, ce qui avait moins plu à Louis XIV. son grand-père, il l'avait élevé à la dignité équivalente chez nous à celle de maréchal de France, de capitaine général de ses armées.   Mais le détour par Chenavel nous ramène à La Combe. L'enfant, né à Chenavel le 25 avril 1792. Joseph-François du Louvat. est devenu, à 19 ans. un jeune officier qui se bat à Leipzig sous les ordres de Murât. Il ne tarde pas à quitter l'armée et devient maire de Jujurieux; au service de sa commune il peut mettre à profit la solide culture que ses études au collège de Belley avec Lamartine et Aymon de Virieu. puis son Droit à Lyon, lui ont permis d'acquérir. Cependant une chute de cheval l'emporte en pleine jeunesse en 1823: il n'a que 31 ans. Son frère puîné. Claude-André-Félix, l'a relayé dans la carrière des armes et devient bientôt garde du corps de Charles X. Son mariage, en 1826. avec Ursule De Finances de Clairbois a resserré les liens déjà tissés par une première alliance avec cette vieille famille de gentilshommes verriers installés pour lors dans les forêts du Sappey, sur les hauts de la Balme-sur-Cerdon. Le pays qui produit un vin célèbre a besoin de bouteilles, et le verre, lui, est un grand mangeur de bois..
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Le nom des Louvat-Champollon. comme celui de presque toutes les anciennes maisons de souche bugiste. devait s'éteindre en décembre 1885 avec la mort, à La Combe, du dernier descendant mâle de la lignée. Louis-Claude-Victor du Louvat de Champollon. Il mourait, disait-on dans la famille, de chagrin de n'avoir pas eu. en plus de ses cinq filles, un garçon pour perpétuer son nom. Quelques années auparavant la Salle Haute du manoir avait résonné de la joie du mariage de son ainée Aglaée : le repas, aux flambeaux, avait été commandé dans la meilleure « auberge » du Pont-d'Ain...
Le nom disparu, la famille des descendants de Louis-Victor a grandi et la vieille demeure est restée dans sa descendance. Après des années d'indivision et d'occupation temporaire, l'arrière-petit-fils du dernier Louvat. M. Jean Pouzet. sa femme née Monique Merle des Isles et leurs enfants rendent vie à la vieille demeure, témoin paisible et accueillant d'un long passé, souvent tourmenté, dont les vagues maintenant assagies, viennent mourir au bord de sa cour herbeuse et
devant ses murs séculaires.

Description

Le château de la Combe est situé au fond d'un vallon, en arrière de Jujurieux. Il se présente actuellement comme un corps de bâtiment à deux tours, prolongé, en retour d'équerre, par une autre série de bâtiments composée d'une chapelle voûtée et des communs. Les deux ailes étaient reliées, jusque au milieu du siècle, par une galerie couverte en bois abritant le grand pressoir et le four à pain toujours existants. Au centre de la cour intérieure fermée par une grille qui ouvre sur le parc, on peut remarquer le pigeonnier dont le toit actuellement à pan coupé a été étêté au moment de la Révolution.  On accède au bâtiment principal par une porte qui donne sur un bel escalier à vis qui dessert les étages. Le rez‑de‑chaussée, en contre‑bas, comprend une grande cuisine dallée, aux rares ouvertures et à la grande cheminée voûtée de pierre aux armes des La Coux. Un cellier en terre battue, au plafond en grosses poutres apparentes la prolonge à l'est.   Le premier étage se compose essentiellement d'un salon aux boiseries du XVIIe siècle et au pavage de carreau d'époque. Il est contigu à une grande salle, dite "salle d'armes" aux fenêtres à meneaux, dont la belle cheminée monumentale du XVIe siècle a été dégagée. De petits appartements à boiseries naïves du XVIIe siècle prolonge l'étage plus à l'est. Le second étage, de même plan que la premier, comprend plusieurs chambres dont une à grande cheminée à hotte ancienne. L'ensemble harmonieux des bâtiments bien groupés autour de l'escalier central et de la cour intérieure et probablement remanié à la fin du XVIe siècle par l'abbé de la Coux, évoque, plutôt que celle d'un "château" l'image familière d'une vieille gentilhommière blottie depuis des siècles au fond de son vallon.