Quartier de la Place de l'Hôtel de Ville

 

(cliché Jacques Grimbot)

     Impasse du Maréchal Ferrant: A l'entrée de l'impasse, la  maison de droite où vécu Jules Ward est signalée par une plaque commémorative.        

 Un escalier en pierres avec une montée perpendiculaire, le balcon est constitué de deux grandes pierres plates soutenues par un pilier rectangulaire chanfreiné s'évasant au sommet. De part et d'autre du pilier deux ouvertures de caves en arc plein cintre.

 Un passage couvert, de part et d'autre un linteau en bois cintré.

(cliché Jacques Grimbot)

 Sous la municipalité du Docteur Boccard (1869-1928) et aussi Conseiller Général et députe de l’Ain, dont le buste sculpté par Muscat est situé dans la côte Boccard, l'Hôtel de Ville sera édifié  en 1905 à l'emplacement des anciennes Halles et d'une partie de l'ancien jardin de la cure où déjà une fontaine et des arbres constituent l'ébauche de la nouvelle place centrale du village. Jusque là existait une importante maison ancienne rassemblant mairie - salle d'école et presbytère . Il  est inauguré le 2 septembre 1906 par Alexandre Bérard. L’architecte en a été Abel Rochet.

(cliché Philippe Somville)

(cliché Martine Alliod) 

 L’ensemble se compose de huit corps de bâtiments dont cinq en façade, quatre étant disposés symétriquement de part et d’autre d’un corps central. Celui-ci, à quatre niveaux, portant un toit à quatre pans, s'ouvre au rez-de‑chaussée sur la place par trois portes cintrées. Les trois fenêtres du premier étage s'ouvrent, sur un balcon à garde‑corps en fer forgé, soutenu par quatre consoles séparées par des guirlandes sculptées. Celles du deuxième et du troisième étage sont de moindre hauteur. Les consoles et moulures situées à la base du toit supportaient autrefois un fronton à deux étages de style néo‑Renaissance, visible sur d'anciennes cartes postales. Deux corps latéraux à trois niveaux sont flanqués chacun d'un corps d'angle à quatre niveaux, dont les toits à quatre pans portaient chacun une fenêtre mansardée à fronton triangulaire, aujourd'hui supprimées.     

 Sur la face postérieure de l'ensemble, on compte trois bâtiments sans ornements, deux en retour des corps d'angles et un troisième élevé contre le corps central.    

La hauteur de l'édifice et la relative étroitesse de ses nombreuses ouvertures, toutes pourvues d'ornements sculptés, lui donnent une allure fin de siècle, qui était encore plus caractéristique, avant que le fronton du centre de la façade (destiné à une horloge publique qui ne fut jamais posée) et les fenêtres mansardées des corps d'angles aient été supprimés. La masse des bâtiments comparée à la taille du village révèle une volonté d'en faire le symbole de la puissance publique, équilibrant celles de l'église  et de l'usine.

Ancienne Mairie(à droite)

Construction du nouvel hôtel de ville

   Mobilier municipal    

Cadastre de 1791, pour la mise en place de la contribution foncière: Un Etat des neuf sections du territoire de la Commune, sous forme de deux volumes reliés, a été déposé aux Archives Départementales de l’Ain. L’atlas cadastral dit napoléonien réalisé en 1826 est composé de 26 plans dont les dimensions varient de 46,5 cm à 102 cm par 66,4cm Ces documents sont doublés sur toile et reliés entres eux, réalisés à l'encre de Chine ils sont vernis et aquarellés. Le réalisateur en a été M. Félix, Géomètre en chef, assisté de M. Rojat, Géomètre du cadastre.        

 Maquette du monument aux morts : maquette en plâtre du monument de A.Muscat H : 43,5cm – L : 31cm – l : 17 cm

 Buste en plâtre du docteur Eugène Bonnet. Il s’agit d’un don de A.F Alliod.        

  Marianne: date de 1889.       

  Table ovale en noyer à six pieds (dont un manquant), dite ancienne table du conseil municipal.       

 Les Maires de Jujurieux  

Devant l'Hôtel de Ville, la place avec ses platanes centenaires et son bassin  octogonal mouluré, en pierre, qui a remplacé le long bac initial. On l’appelait au XIXe siècle le Gaillot de la Tour, ou Gaillot de la Tour des Echelles. Le bac en pierre est de forme octogonale, La colonne centrale d'alimentation est de même forme, surmontée d'un chapiteau de fonte. Sur cette place, jadis, de nombreux commerces y étaient présents maintenant elle sert de parking.

(cliché Martine Alliod) 

 A son extrémité sud est, le monument aux morts érigé pour perpétuer le souvenir des enfants de la commune morts pour la France en 1914/18 et pour être un lieu de pèlerinage du souvenir propice aux méditations des jeunes générations. Mis en place le 30 juin 1922, il est inauguré le dimanche 20 août par M. Péry, maire. L'architecte, Michel Collet de Lyon, l'a voulu de conception sobre dans l’intention de conforter l'hommage et la reconnaissance et perpétuer le souvenir.       

Il se compose d’une stèle avec deux colonnes latérales surmontées d’un linteau en pierre. Sur celui-ci sont gravés des branches d’olivier et chêne entourant un écusson  comportant deux têtes de coq et une étoile.      

  La femme de bronze représente la Pensée voulant entretenir le culte du souvenir des héros, dont les cendres sont conservées dans l'urne sacrée. Outre les 61 noms gravés, des inscriptions mentionnent : « RF PRO PATRIA 1914 1918 »   Sculpteur : A. Muscat de Bourg - Fondeurs : Manufacture Lyonnaise de bronze et Eclairage, Lyon

Construction : Union des travailleurs de la Pierre et du Marbre, Lyon - Terrassement : Ets Barberot  Bourg (succursale de Jujurieux)

Maquette : J. Pavi sculpture, Lyon.

(cliché Jacques Grimbot)

(cliché Martine Alliod) 

 Impasse du Chardonnay: Tout au bout sur la placette, une ancienne maison vigneronne transformée en gîte avec une large montée d'escaliers en pierre. La rambarde en fer forgé est ornée de volutes. Reste un pigeonnier avec pierre d'envol en façade. A côté, une grange avec un séchoir.

(cliché Jacques Grimbot)

Le Château des Echelles à l'extémité sud-est de la place

Histoire

Petit fief primitivement en franc alleu (c'est‑à‑dire indépendant), appartenant à la fin du XIIIe siècle à la famille du même nom, la maison forte des Echelles passa par mariage, au siècle suivant, aux Moyria, seigneurs de Châtillon de Cornelle, puis fut placée au XVe siècle sous la protection du château de Varey. Elle appartint jusqu'au XVIIIe siècle aux Moyria, puis à leurs alliés les Trollier, lorsqu'en 1780, seule vente de son histoire, elle fut acquise avec la seigneurie de Châtillon par Joseph Orsel, conseiller du roi en la Sénéchaussée et Siège présidial de Lyon, lequel fut alors connu sous le nom d'Orsel de Châtillon.  La cour du château abrita les banquets donnés successivement en l'honneur de la Fête de la Fédération en 1790, puis en l'honneur de la prise de l'infâme Toulon, en 1794. Arrêté sous la Terreur comme ex‑noble, Joseph Orsel fut libéré ainsi que le chevalier de Champollon, grâce à l'intervention des habitants de Jujurieux, les mêmes peut‑être que ceux qui avaient, quelques mois auparavant, fait un feu de joie des registres terriers. L'un des plus riches propriétaires fonciers du département sous l'Empire, Orsel fut maire de Jujurieux sous la Restauration. Il légua son château et ses terres à ses neveux Maupetit qui le gardèrent un siècle. En 1918, le château revint à des parents éloignés, les Orsel des Sagets qui le possèdent encore aujourd'hui. Le château et son jardin à la française ont été inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 28 janvier 1949, les peintures murales de la pièce du deuxième étage de l’aile Ouest et celle de la voûte du porche d’entrée ont été classées le premier mars 1977.

Description

(cliché Martine Alliod) 

Le puit

Il ne reste que peu de choses des constructions des XIVe et XVe siècles, écrit le baron Amédée Maupetit: une fenêtre à croisillons au sud-est et la tour ronde située dans la cour intérieure avec son escalier. La tour carrée qui menaçait ruine a été récemment reconstruite‑lisez au début du XXe siècle‑dans un bel appareil, avec mâchicoulis dans le style du XVe siècle qu'elle présentait". Du début du XVIIe siècle semblent bien dater les peintures à fresque d'une salle haute représentant la Tour des Echelles avec une vue cavalière de Jujurieux qui est la représentation la plus ancienne du village que nous connaissions, ainsi que les châteaux des alentours, notamment Poncin et Pont d'Ain avec leur localité.

(cliché C. Lhuisset) 

 

Plafond à caisson

Au XVIIe siècle, les Echelles acquièrent l'essentiel de leur allure actuelle: deux grands corps de bâtiment parallèles, à la toiture élancée et reliés entre eux à leur extrémité nord, encadrent une cour ornée d'un élégant puits en fer forgé. Une fresque du XVIIe siècle, représentant Apollon conduisant le char du soleil recouvre la grande voûte du pavillon de l'entrée. La Révolution ne fit qu'ôter le couronnement des deux tours, lequel fut rétabli par la suite. De vastes terrasses, au couchant et surtout au midi, flanquent ce château qui est l'un des plus intéressants du département.  L’intérieur de l’habitation possède deux escaliers en pierre, le principal tournant droit, l’autre à vis. Ils conduisent à quelques belles pièces : au premier niveau, une pittoresque cuisine; à l ‘entresol, à droite, une bibliothèque de style Empire ou Restauration; au premier étage, à gauche, le grand salon, dont les deux fenêtres s’ouvrent au midi et à l’ouest, et une salle à manger élégante, avec ses boiseries du XVIIIe siècle. 

Le château et son jardin à la française ont été inscrits à l’inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le 28 janvier 1949, les peintures murales de la pièce du deuxième étage de la tour est et de la voûte du porche d’entrée ont été classées le 1er mars 1977.

Voûte du porche et fresque murale avec chevaux

(clichés C. Lhuisset)