LHUIRE

Hameau aux confins Est _ Sud-Est de la commune fait de trois parties :

      Lhuire d'en bas  entre la route de Jujurieux à Saint Jérôme et le ruisseau le Riez avec son pont et sur sa rive gauche  en contrebas le vieux lavoir en ruine et un four situé près de la route qui monte à St Jérôme. Cette partie du hameau forme un ensemble correspondant aux différents bâtiment d’un moulin avec séchoir à bois et à noix.

                                 

                      Intérieur du four                                                          Lhuire d'en bas 

 

 Vieux pressoir

     Lhuire d'en haut  dans la pente montante au Châtelard .Il existe encore un abreuvoir avec deux bacs successifs en partie enterrés dont un  sérieusement endommagé et un four avec un fournil ouvert au toit à deux pans couvert de tuiles creuses. Il a été restauré en 1996 à l’initiative de l’association des Amis du patrimoine de Jujurieux.

Lhuire d'en haut

Eléments remarquables et particuliers

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Au bord du ruisseau du Riez un pont de pierre avec une arche pittoresque enjambe la ruisseau

 Le Châtelard de Lhuire

vers 1905

     Le Châtelard , juché sur un dôme rocheux que l'on découvre à partir de la Courbatière , domine les vallées encaissées du ruisseau de Marlieux et celle du Riez . Bordée sur trois  côtés de falaises, il n'est accessible que par son flanc est, face au hameau de Lhuire, ainsi nommé peu avant la révolution, car sous l'ancien régime, le hameau situé sur la route de Boyeux et au bord du riez était appelé "La Charpinne" et Lhuire "d'en haut" s'appelait Trevonaz, Travonaz ou Torvonaz en 1491. Ce château médiéval, abandonné pendant de nombreuse années  et dont certaines parties sont tombées malheureusement en ruines est actuellement rénové.

Le Châtelard de Luyres a fait très probablement partie, comme les châteaux de Châtillon de Cornelle et de Varey, de la seigneurie de Coligny. Celle‑ci, dont les comtes de Genève et des Dauphins héritèrent, passa au cours du long conflit delphino‑savoyard (fin du XIIIe et début du XIVe siècles), sous la domination des comtes de Savoie. Le fief avec château fut inféodé vers 1343 par Amédée VI, le Comte vert, au chevalier Hugues d'Hyères. De là, il passa successivement dans les familles de Sure, de Daniel et de Lyobard. Cette dernière famille le garda de la fin du XVe au début du XVIIe siècle. La famille de Montillet de Champdor posséda le Châtelard de 1649 à 1787, époque à laquelle il fut acquis par Jeanne Marie Feroussat, mère de Joseph Orsel, nouveau seigneur de Châtillon de Cornelle et de la Tour des EcheIles de Jujurieux. Elle fut la dernière dame du Châtelard de Luyres. Il semble que la partie du château en ruines à l'époque de la Révolution ait été alors incendiée. Les propriétaires furent ensuite Joseph Orsel de Châtillon, puis successivement les familles Maupetit et Orsel des Sagets, de la Tour des Echelles.

Description

Une barbacane, à vingt mètres en avant de la porte, défendait l'entrée sur la cour du château, elle‑même alors surmontée d'une échauguette. A droite de l'entrée, le mur d'enceinte (de 2m 15 d'épaisseur) barre le sommet jusqu'au ravin ; sur sa gauche, une tour, forte de six embrasures défend l'angle de la cour dite basse. La prison située dessous était "grotton".

 L'enceinte sud surplombe un repli rocheux (sous lequel, à trente pas des murs, une citerne naturelle rafraîchit un mètre cube d'eau), et rejoint le poulailler (lui‑même surmonté jusqu'au XVIIIème siècle d'une tourelle protégeant l'angle sud‑ouest des constructions).

 Un bâtiment bas, face à l'entrée, est doté de deux portes (étable et écurie), la troisième, située sous le haut bâtiment à deux étages, ouvre sur la cave, creusée en partie dans la roche, et dont la voûte est renforcée d'un système d'arches original.

 Le bâtiment situé en avant et au‑dessus de la cave, à sa droite est le donjon, rabaissé d'un étage. Une embrasure à chaque étage, presque dans l'angle formé par les constructions, en menaçait l'attaquant, mais protégeait de même la porte d'accès à la haute‑cour, qui fermait la cour basse du donjon au mur d'enceinte.

 De la terrasse supérieure, d'où le regard se perd sur le ravin, on pénètre dans le château par une porte ouverte au XVIème siècle, mais plus loin, près de l'éboulement, on distingue l'excavation dans laquelle coulissait la poutre fermant la porte du rempart original (fin XIIIème).

 Les quelques marches franchies, à droite était la "chambre de madame", avec ses latrines sur le vide ; à gauche, la prison, voûtée, qu'éclairaient avec peine deux archères, fut dotée d'une fenêtre et d'un four vers 1720.

 Passant sous l'élégante voûte chanfreinée du XVIème siècle, on traverse à droite ce qui était les cuisines pour accéder à la "chambre de monsieur", éclairée par deux belles fenêtres à meneaux, avec sa grande cheminée. A gauche de l'entrée large et basse de cette "chambre", une porte étroite et haute permet de descendre à la cave par un escalier  raide et tortueux.

 Accédant à la terrasse arrière du château, on longe, à droite, les ruines du grand four et du potager ; sur cette terrasse s'élevait une grosse tour carrée démolie vers 1720, dans laquelle on montait par une "viorbe" (escalier fermé, en appendice externe).

 Bien qu'habité avant l'an 1000 (4ème niveau brûlé sous le donjon, tuile romaine sur une terrasse arrière, squelettes gallo‑romains et mérovingiens inhumés dans le grand pré contourné par le chemin d'accès), ne subsistent de constructions fin XIIIème siècle au Châtelard, que les parements externes du donjon et la courtine le reliant au ravin (qui recevait un système de hourds en bois à son sommet). Cette fortification originelle (épaisseur l,45m), faisait angle au donjon, venant du ravin nord et se prolongeait jusque sur la terrasse du côté de Jujurieux, défendue par une chemise parallèle qui, venant du ravin, vire vers le portail et traversait l'écurie par le milieu  (témoin les marches d'accès à la poterne disparue).

 Si les murs écroulés sur le ravin et la terrasse arrière étaient des reconstructions médiocres de 1720 (épaisseur 0,55m), le portail et la tour extérieure datent de la fin du XVème siècle et le reste du XVIème.

Une visite au Châtelard de Lhuire en 1640 : un compte rendu écrit exceptionnel